56

Prenant appui sur les corniches et les écussons ornant la façade de la vieille demeure de Leng, Smithback tentait péniblement de se hisser jusqu’à l’une des fenêtres du premier étage. L’escalade se révélait plus difficile qu’il ne l’imaginait, il s’était même râpé la joue et écrasé un doigt en grimpant. Sans parler de ses mocassins italiens à deux cent cinquante dollars auxquels il pourrait dire adieu en redescendant. Avec un peu de chance, il s’arrangerait pour que le Times les lui rembourse. Accroché à son mur, bras et jambes écartés, il avait parfaitement conscience du ridicule de la situation, mais si Paris valait bien une messe, le prix Pulitzer méritait bien qu’on lui sacrifie sa dignité. Il agrippa l’appui de la fenêtre et opéra un rétablissement au prix d’un grognement sauvage. Il resta perché un moment sur le rebord, observant les alentours tout en reprenant son souffle. La rue était toujours aussi calme, personne ne semblait avoir remarqué son manège. Rassuré, il se décida à jeter un œil à l’intérieur de la maison.

De l’autre côté de la vitre, il découvrit une pièce entièrement vide, habitée de milliers de particules de poussière voletant dans les rais de lumière qui zébraient l’obscurité. En plissant les yeux, Smithback finit par apercevoir une porte tout au fond de la pièce. Elle était fermée et il n’avait aucun moyen de savoir ce qui se cachait derrière.

Il lui fallait impérativement entrer s’il voulait en savoir davantage.

Après tout, pourquoi pas ? Cette maison était visiblement abandonnée depuis des lustres. Elle appartenait peut-être même à la ville, auquel cas on ne pouvait pas parler d’atteinte à la propriété privée. Et puis Smithback n’avait pas fait autant d’efforts pour reculer si près du but. S’il s’en allait, il lui faudrait tout recommencer à zéro. Il voyait déjà la tête de son rédacteur en chef s’il revenait les mains vides. S’il voulait vraiment qu’on lui rembourse ses mocassins, il valait mieux rapporter de quoi écrire un reportage sensationnel.

Il tenta d’ouvrir la fenêtre mais elle était fermée de l’intérieur, comme on pouvait s’y attendre. À moins que le temps ne se soit chargé de la bloquer définitivement. Hésitant, il regarda à nouveau autour de lui. La perspective de redescendre par la même voie ne l’enchantait guère. Il ne voyait rien d’intéressant par la fenêtre, ce qui ne voulait pas dire que la maison était vide, et il avait besoin de savoir. Surtout, il était hors de question de passer l’hiver sur son rebord de fenêtre. Quelqu’un pouvait le voir à tout moment et...

À cet instant précis, il aperçut une voiture de police en patrouille sur Riverside Drive. Si les flics le repéraient, ça risquait de chauffer pour lui, et il n’avait plus le temps de redescendre.

Il ôta prestement sa veste, la roula en boule et la posa contre la vitre. Un petit coup d’épaule pour casser le carreau avec un minimum de bruit, et Smithback se glissa dans la pièce après avoir retiré les morceaux de verre les plus dangereux.

Un fois à l’intérieur, il jeta un coup d’œil au-dehors. Tout était calme, personne n’avait rien remarqué. Rassuré, il se retourna et tendit l’oreille. Pas un bruit dans la maison. Il régnait autour de lui une odeur de poussière et de vieux papiers peints. Une odeur plutôt agréable, beaucoup moins confinée qu’il n’aurait pu le penser. Il prit longuement sa respiration pour se donner du courage.

Pense à ton article, au prix Pulitzer. Pense à Nora. Après tout, ce n’était pas la mer à boire ; il n’avait qu’à opérer une reconnaissance rapide des lieux avant de s’en aller.

Il devait commencer par s’habituer à l’obscurité. Sur une étagère encore fixée à un mur, il aperçut un livre oublié et s’en approcha. Il s’agissait un vieux traité sur les mollusques, avec une conque gravée à l’encre dorée sur la couverture. Un livre d’histoire naturelle ! Le cœur de Smithback se mit à battre plus vite. Il l’ouvrit hâtivement, espérant trouver l’ex-libris d’Enoch Leng sur la page de garde. Rien ! II feuilleta rapidement l’ouvrage à la recherche d’annotations de la main du docteur avant de le reposer, déçu.

Smithback espérait que l’exploration de la vieille demeure donnerait davantage de résultats.

Il enleva ses mocassins et les posa près de la fenêtre, décidé à poursuivre sa visite en chaussettes afin d’éviter de faire du bruit, puis il se dirigea prudemment vers la porte. Une lame de plancher grinça sous son poids et Smithback s’arrêta pour tendre l’oreille. Toujours aucun bruit. Les tôles ondulées avaient apparemment empêché les squatters et autres amateurs de crack de trouver refuge dans la maison. Il était peu probable qu’il y ait quelqu’un d’autre, mais on ne savait jamais.

Il posa la main sur la poignée, la tourna très lentement et entrebâilla la porte de quelques centimètres. Il faisait un noir d’encre de l’autre côté. Smithback ouvrit la porte plus grande afin que la lumière dissipe les ténèbres, et découvrit un vaste palier habillé de papier peint à gros motifs verts. Sur les murs étaient accrochés des tableaux recouverts de draps blancs. À l’autre extrémité du palier, un escalier de marbre dessinant une courbe élégante se perdait dans l’obscurité. Un objet tout en hauteur également protégé par un drap - une statue, sans doute - se dressait en haut de l’escalier.

Smithback retint son souffle. Tout semblait indiquer que la maison n’était plus habitée depuis la mort de Leng. Il avait peine à croire que les meubles et les affaires de Leng puissent se trouver encore là.

Il fit quelques pas sur le palier et fut accueilli par une odeur nettement moins agréable que tout à l’heure : un relent de pourriture, comme si le cœur de la vieille demeure avait fini par se décomposer avec le temps.

Smithback avait peut-être raison. Qui sait si les victimes de Leng n’étaient pas emmurées derrière le vieux papier peint.

Il s’arrêta devant l’un des tableaux. Poussé par la curiosité, il saisit un coin du drap et tira. Le tissu tomba aussitôt en poussière et Smithback, interdit, fit un pas en arrière. Le tableau représentait une étrange partie de chasse, une meute de loups en train de déchiqueter le corps sanguinolent d’un cerf en plein bois. Le peintre ne manquait pas de talent et le tableau avait indubitablement de la valeur, mais la scène avait quelque chose d’inquiétant, de presque malsain. De plus en plus intrigué, Smithback s’approcha du tableau suivant pour le dévoiler, et le drap s’évanouit à son tour dans un nuage de poussière. Cette fois, il s’agissait d’une chasse à la baleine : un énorme cachalot à l’agonie, crachant une pluie de sang, se débattait furieusement sous les assauts des harponneurs qu’il tentait d’entraîner avec lui dans l’abîme.

Smithback était sur un nuage. Jamais il n’avait imaginé découvrir de tels trésors dans la maison de Leng, même dans ses rêves les plus fous. Pour une fois, la ténacité vient récompenser les efforts d’un vrai professionnel, se disait-il, au risque de mettre sa modestie à rude épreuve. Même Pendergast en était encore à chercher l’adresse de Leng. Voilà qui ne pourrait manquer de redorer son blason auprès de son rédacteur en chef, peut-être même de Nora. Car s’il était certain d’une chose, c’était d’avoir mis la main sur les informations dont Pendergast et Nora avaient besoin pour leur enquête.

Smithback s’arrêta à nouveau pour prêter l’oreille, mais la vieille maison était engluée dans une chape de silence. Il reprit son exploration, avançant à pas discrets sur le tapis du palier pour éviter de faire du bruit. Avant de descendre au rez-de-chaussée, il aurait bien aimé savoir à quoi ressemblait la statue dissimulée sous son linceul blanc. Cette fois encore, le drap se désagrégea sous ses doigts pour former un petit tas de poussière à ses pieds.

Smithback ne comprit pas immédiatement à quoi il avait affaire. Il sursauta violemment en découvrant une silhouette inquiétante, avant de comprendre qu’il s’agissait d’un chimpanzé empaillé accroché à une branche. Les rats et les mites lui avaient mangé presque entièrement le visage, mettant à nu son crâne à plusieurs endroits. Les lèvres de l’animal avaient disparu, lui donnant un sourire de momie. L’une des oreilles du singe ne tenait plus que par un mince lambeau de chair ; sous l’effet du courant d’air provoqué par la chute du drap, elle tomba aux pieds du journaliste avec un bruit mat. Le chimpanzé tenait une banane en cire dans une main et se tenait le ventre de l’autre, comme s’il avait mal à l’estomac. Seuls ses yeux de verre avaient conservé un semblant de vie, lui conférant une expression effrayante.

Tentant de calmer les palpitations de son cœur, le journaliste se demanda si ce chimpanzé faisait partie des collections privées de Leng. Le docteur était membre du Lycéum, il s’intéressait à la classification des espèces, et il avait peut-être son propre cabinet de curiosités, comme McFadden et les autres.

Il songea une seconde à rebrousser chemin, mais au point où il en était...

Il s’éloigna du singe accroché à sa branche et se pencha par-dessus la rambarde afin de se familiariser avec la disposition des lieux au rez-de-chaussée. À part les rares rais de lumière filtrant à travers les planches et les tôles qui condamnaient les fenêtres, Smithback ne vit rien dans un premier temps. À mesure que ses yeux s’habituaient, il devina une immense pièce de réception avec son parquet de chêne recouvert de peaux de zèbres, de lions, de tigres, d’oryx et de pumas. Disséminés à travers la pièce, il aperçut toute une série de sujets fantomatiques recouverts de draps blancs, ainsi que des vitrines disposées le long des murs lambrissés dans lesquelles étaient exposés des objets hétéroclites, identifiés à l’aide de plaques de cuivre.

Son intuition ne l’avait donc pas trompé : Enoch Leng possédait ses propres collections privées.

Smithback hésita, la main posée sur la rampe d’escalier. Si rien ne semblait avoir bougé depuis plus d’un siècle, il avait l’impression diffuse que la demeure de Leng n’était pas abandonnée. Un peu comme si quelqu’un s’était appliqué à l’entretenir. Pouvait-il s’agir d’un gardien ? S’il avait écouté la voix de la raison, le journaliste aurait fait demi-tour et serait reparti par où il était venu.

D’un autre côté, le silence qui l’enveloppait avait quelque chose de rassurant. Mais surtout, le démon de la curiosité le poussait à jeter un œil aux collections du rez-de-chaussée. Pour la crédibilité même de son article, il était indispensable de prendre quelques minutes, histoire de regarder ce que cachaient tous ces draps. Il descendit une marche, puis une autre... Il allait continuer lorsqu’un petit bruit retentit derrière lui. Il se retourna d’un bloc, le cœur battant.

Apparemment, rien n’avait bougé. En regardant plus attentivement, il s’aperçut que la porte par laquelle il avait accédé au palier s’était refermée. Il poussa un soupir de soulagement : un simple courant d’air, à cause du carreau cassé.

Rasséréné, il descendit une à une les marches de l’escalier de marbre, se tenant à la rampe. Arrivé en bas, il écarquilla les yeux, tentant de s’habituer à l’obscurité. L’odeur nauséabonde qui l’avait dérangé un peu plus tôt était nettement plus prononcée.

Son regard se posa sur l’un des objets exposés au milieu de la pièce. Le drap qui le recouvrait initialement, rongé par le temps, avait disparu, laissant apparaître une masse sombre. En s’approchant, Smithback s’aperçut qu’il s’agissait d’un petit dinosaure Carnivore. L’animal était dans un état de conservation étonnant, une partie de la chair et certains organes fossilisés collant encore aux ossements. On distinguait même des lambeaux de peau à certains endroits, sur lesquels apparaissaient très nettement des traces de plumes.

Smithback fit lentement le tour du dinosaure, émerveillé. Il s’agissait de toute évidence d’un spécimen extrêmement rare, d’une portée scientifique incalculable. Il avait fallu attendre les études les plus récentes pour que certains spécialistes osent prétendre que certains dinosaures étaient recouverts de plumes, à commencer par le tyranosaure. Ce spécimen venait confirmer leur théorie de façon magistrale. Smithback se pencha et lut sur la plaque en cuivre posée aux pieds de l’animal : Cœloraptor de type inconnu - Vallée de la Red Deer River, État d’Alberta, Canada.

Smithback se dirigea ensuite vers les vitrines, découvrant dans la première toute une série de crânes humains. En s’approchant, il déchiffra l’inscription : Hominidés retrouvés dans la grotte de Swartkopje, Afrique du Sud. Smithback avait du mal à en croire ses yeux. Il existait extrêmement peu de fossiles humains, et ses connaissances paléontologiques lui permettaient de réaliser que les dizaines de crânes rassemblés là auraient suffi à bouleverser toutes les études contemporaines sur les origines de l’homme.

Un reflet lumineux provenant de la vitrine voisine attira son attention. Il s’approcha et découvrit une impressionnante collection de pierres précieuses. Une énorme gemme verte, de la taille d’un œuf d’oiseau, trônait au milieu des autres : Diamant découvert à Novotneï, Sibérie -16 carats - Spécimen unique de diamant vert. Juste au-dessous, Smithback découvrit une ribambelle de rubis, de saphirs et de pierres exotiques aux noms imprononçables, tous plus gros les uns que les autres. Jamais il n’avait vu un éventail d’une telle richesse, même au Muséum d’histoire naturelle. À voir la façon dont ces pierres étaient mises en valeur, il devait s’agir du clou des collections de Leng.

Des cristaux dorés d’une qualité superbe reposaient sur la tablette inférieure. L’un d’entre eux avait la taille d’un pamplemousse. Enfin, une impressionnante série de tektites étaient disposées tout en bas de la vitrine ; la plupart étaient noires, mais plusieurs étaient d’un vert profond ou d’un mauve splendide.

Smithback recula machinalement, sous le choc. De sa vie, il n’avait contemplé des spécimens d’une telle beauté et d’une telle richesse. Quand on pense que tous ces trésors dorment dans cette maison en ruine depuis plus d’un siècle... Il se retourna et se cogna dans un objet de taille modeste placé juste derrière lui. À son contact, le drap tomba en poussière et il découvrit une étrange créature empaillée. On aurait dit un tapir avec son museau allongé, mais à ce détail près, l’animal ne ressemblait à rien de connu avec sa grosse tête, ses longs membres antérieurs et ses défenses recourbées. Il se pencha pour lire la plaque cuivrée : Mégalopède à défenses, décrit par Pline et longtemps considéré comme imaginaire - Unique spécimen existant, rapporté du Congo belge par l’explorateur anglais Sir Henry F. More-ton, 1869.

Smithback faillit se pincer pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. Leng aurait donc conservé chez lui un mammifère inconnu ? C’était tellement incroyable qu’il se demanda un instant s’il pouvait s’agir d’un faux. La question se posait d’ailleurs pour tous les spécimens qui l’entouraient. En prenant le temps d’y réfléchir, il comprit que c’était impossible. Un type comme Leng ne se serait jamais amusé à collectionner des faux : les objets exposés dans la vieille demeure étaient donc vrais ! Smithback n’avait examiné qu’une petite partie des vitrines ; si le reste était à l’avenant, il se trouvait en présence de l’une des plus belles collections d’histoire naturelle au monde, et non pas d’un simple cabinet de curiosités. Il faisait trop sombre pour prendre la moindre note, mais Smithback ne s’en souciait guère. Les images qu’il avait sous les yeux resteraient gravées à jamais dans sa mémoire. Une telle aubaine ne se présentait qu’une seule fois dans la vie d’un journaliste.

Il tira sur un autre drap au hasard et découvrit l’énorme squelette fossilisé d’un ours des cavernes dressé sur ses pattes arrière, ses dents noircies acérées telles des lames de rasoir. La plaque de cuivre clouée sur un bloc de bois au pied de l’animal précisait que le plantigrade provenait de Kuts Canyon au Nouveau-Mexique.

Toujours en chaussettes, Smithback poursuivit sa visite à travers la pièce, retirant les draps l’un après l’autre. Après une série de mammifères du pléistocène dans un état de conservation digne des plus beaux musées, il découvrit plusieurs squelettes d’hommes de Neandertal en parfait état, certains avec des outils et des armes, un autre avec un collier de dents autour du cou.

Au cours de sa ronde, Smithback remarqua une arche de marbre conduisant à la salle voisine. Une énorme météorite de plus de deux mètres de diamètre trônait au milieu de la pièce, et de nouvelles vitrines étaient disposées le long des murs.

La lumière ne pénétrait que faiblement à travers les fenêtres condamnées, mais il constata avec stupéfaction que la météorite, au lieu d’être grise ou noire, était d’un rouge vif. C’était absolument incroyable.

Il s’intéressa ensuite aux objets étalés sur les étagères en acajou fixées sur l’un des murs. On y trouvait de tout - des masques aux rictus étranges, des pointes de flèches, en silex, un crâne humain incrusté de turquoises, des poignards ouvragés couverts de pierres précieuses, des crapauds dans du formol, des milliers de papillons dans des boîtes en verre - le tout méticuleusement rangé et classifié.

Il n’y avait guère prêté attention jusque-là, mais les appliques accrochées aux murs n’étaient pas des éclairages électriques, mais bien des lampes à gaz, alimentées par de petits tuyaux se terminant par de ravissants abat-jour en vitrail. Le doute n’était plus permis, la maison de Leng n’avait pas bougé depuis plus d’un siècle, comme s’il était parti un beau matin après avoir condamné les ouvertures, laissant tout en l’état...

Le journaliste s’arrêta brusquement, conscient des implications de son raisonnement. La vieille demeure n’avait pas pu rester telle quelle depuis la mort de Leng. Il avait bien fallu que quelqu’un s’en occupe d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce que pour barder les fenêtres de tôle ondulée et protéger les collections à l’aide de tous ces draps. Il avait à nouveau l’impression désagréable de ne pas être seul dans cette grande maison.

Désormais, tout concourait à faire naître chez lui un sentiment d’angoisse : le silence pesant qui l’entourait, les objets à la fois fascinants et angoissants au milieu desquels il se trouvait, l’obscurité aussi, mais surtout l’odeur de pourriture qui lui brûlait les poumons. Smithback frissonna. Il n’avait plus rien à faire là. Il en avait assez vu pour écrire un article sensationnel. Le plus sage était de s’en aller sans prendre davantage de risques.

Sa décision prise, il fit demi-tour et remonta à la hâte le grand escalier, sans même prendre le temps de s’arrêter devant le grand chimpanzé et les tableaux. Curieusement, toutes les portes du palier étaient fermées et il faisait beaucoup plus sombre qu’à son arrivée. Il ne savait plus exactement quelle porte menait à la pièce dont il avait forcé la fenêtre ; il se souvenait pourtant qu’elle se trouvait à l’autre bout du palier. Il s’approcha de celle qu’il croyait être la bonne, mais elle lui résista lorsqu’il voulut tourner la poignée. J’ai dû me tromper, se dit-il en tentant d’ouvrir la suivante.

Elle était également fermée à clé.

De plus en plus inquiet, il essaya les portes l’une après l’autre et les trouva toutes verrouillées. Une sueur froide commençait à lui couler le long du dos.

Debout sur le vaste palier plongé dans l’obscurité, Smithback tentait de ne pas céder à la panique qui lui paralysait les membres.

Incrédule, il finit par se résoudre à accepter la vérité : il était prisonnier de la vieille demeure mystérieuse.

[Aloysius Pendergast 03] La chambre des curiosités
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